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Enfant intérieur et commandement

Mis à jour : il y a 3 jours

L’enfant intérieur est un concept de développement personnel qui, pour être honnête, m’a longtemps lassé car je ne le comprenais tout simplement pas. On l’entend partout et il est cuisiné à toutes les sauces.


En sortie d’école militaire, j’ai choisi un poste de cheffe de section en régiment. Le terrain, commander 30 femmes et hommes, c’était ce que je voulais.


Quelques jours après mon arrivée, j’ai réalisé avec ma section ce qu’on appelle dans le jargon militaire un rallye. Une succession d’ateliers pratiques dans un temps imparti, mêlant tactiques de combat, aguerrissement et autres festivités. A l’issue (expression bien militaire 😊), classement général. Nous sommes arrivés avant dernier.


Le lendemain, après la cérémonie des couleurs, la cheffe de corps du régiment cite mon grade, nom et prénom devant plus de 50 personnes réunies au garde à vous et… comment vous dire… du fait du classement qui ne la satisfaisait pas, m’a démoli en deux temps trois mouvements.





J’étais estomaquée, le souffle coupé, en train de me liquéfier sur place. Jamais je n’aurais cru que ma cheffe de corps m’accueille de la sorte devant toute une assemblée. Le peu de confiance que j’avais en moi et mon enthousiasme à prendre ce poste ont été anéantis en quelques secondes.


On m’avait dit : « Ne pleure jamais devant tes Hommes. C’est signe de faiblesse », alors j’ai pleuré de l’intérieur et me suis sentie détruite et humiliée. Je sortais tout juste d’école avec mes idéaux, là où je n’ai pas appris à commander en utilisant mon intelligence émotionnelle. Je me suis demandée comment j’allais faire par la suite pour construire ma crédibilité. Avec mes 1m59, mes 50kg, ma voix fluette, mon bagage universitaire, ma petite expérience dans le privé, j’étais déjà très mal barrée 😊. Je ne correspondais pas du tout à l’image du chef.fe que l’on se fait dans l’esprit commun. Cet épisode a pendant des années été une angoisse à chaque fois que j’y pensais.


8 ans plus tard… Je retrouve cette cheffe de corps, à présent Générale, dans un bureau, dans le même couloir que moi. La vie quoi… J’avoue, j’avais une belle rancune tenace : « Je vais lui faire payer à celle-là ! ». Elle m’a plusieurs fois demandé de l’aide dans le cadre d’une énième casquette que j’avais (informaticienne geek ambulante en l’occurrence 😊). Je l’ai aidé et… avec le temps… Je n’ai plus vu celle qui avait détruit une petite part de moi, mais l’enfant qui parle fort, l’enfant qui prend de la place car il a besoin de se faire entendre… Finalement, l’enfant qui a besoin de rien d’autre qu’un gros câlin. C’est de cette manière que le concept de l’enfant intérieur s’est illustré à moi.





Je ne sais même pas si cette personne se rappelle de cette scène. Je n’ai finalement jamais ressenti le besoin de lui en parler.


Avec le recul, je me rends compte que ce concept d’enfant intérieur m’aurait quand même bien aidé à l’époque. Il m’aurait permis d’aborder chacun dans son entièreté et son unicité et non d’un point de vue global. Il m’aurait permis de comprendre que avant de « commander », il faut « fédérer » et que pour fédérer, il faut inspirer, pour inspirer, il faut être soi, pour être soi, il faut être prêt à accepter et dévoiler sa vulnérabilité.


Personnes civiles, personnes militaires. Nous érigeons des barrières entre des mondes que nous construisons nous même et qui n’ont plus lieu d’être, car… nous sommes tous des enfants.


Et vous, connaissez vous le concept de l'enfant intérieur et comment vous vous le représentez ?

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