Rechercher
  • LN

Ma nouvelle vie en co-living



Notre vie est l’œuvre de toutes nos pensées additionnées. Ces pensées influent sur nos choix, qui créent notre réalité. Il y a autant de réalités que d’êtres humains. Il y a autant d’êtres humains que de possibilités d’aimer. J’en étais arrivée à ne plus aimer ce que je faisais, pour finir par ne plus m’aimer.

Alors s’en est suivi une longue introspection et des prises de décisions. Un virage à 180 degrés tant au niveau personnel que professionnel.


Le grand « Pourquoi ».


L’explication rationnelle :

Ma décision de quitter l’armée m’a amené à devoir quitter mon logement réservé aux militaires. Je me reconvertis dans l’hypnose et la sophrologie. Je recherche un co-living / co-working avec des thérapeutes, façon auberge espagnole bienveillante, afin de vivre une expérience, travailler en équipe et par la même occasion, enrichir mon réseau.


L’explication du cœur :

Une rupture amoureuse et l’envie de laisser derrière moi le passé, de partir, de me sentir libre, de m’entourer de belles personnes avec qui partager les mêmes valeurs. L’envie de vivre l’aventure d’une vie…


Le grand basculement.


Alors je saute le pas. Je fais mes recherches pendant des mois. Je poste même une annonce sur Le bon coin et Instagram. Je ne trouve pas ce que je cherche. J’abandonne. Après tout, si je ne trouve pas, c’est que ça ne doit pas arriver. Et un jour, alors que je prévois de retourner aux sources dans le sud-ouest, ma copine Anaïs me met une claque bienveillante derrière la tête et m’encourage à recommencer. Alors je recommence, mais différemment. Je trouve La Casa co-living. Je postule. On me propose d’être membre fondatrice de la Casa de Choisy-le-Roi en cours de construction. Je dis un grand OUI. Je ressens de l’enthousiasme, de la joie, de l’impatience.


La grande angoisse.


Je rencontre les autres membres fondateurs et je les trouve incroyables. On est tous différents mais partageons les mêmes valeurs. On sort pour la plupart d’une période compliquée et on veut rebondir. Je me projette dans cette grande maison avec eux, à discuter jusqu’à pas d’heure sur la terrasse.

Après la visite de la maison en chantier, nuit d’angoisse et d’insomnie. Mon mental reprend le dessus. Je pense à revenir sur ma décision. Non, c’est de la folie. Emménager avec 12 autres personnes que je ne connais pas, c’est du jamais vu, ce n’est pas pour moi. Que vont-ils penser lorsque j’aurais besoin de solitude ? Est-ce que la vie en co-living ne va pas me puiser toute mon énergie dont j’ai tant besoin pour mes projets ? Est-ce qu’après avoir fait le ménage dans ma vie, je ne prends pas le risque de retrouver de nouveau des personnes toxiques ?


En pleine nuit, je prends mon carnet et je fais le point : + et - pour La Casa. Et… je me remémore mes cours de neurosciences. Je panique clairement ! Foutu cerveau reptilien ! Je respire et repense au fait que le co-living est un projet que j’ai depuis plusieurs mois déjà. Je me recentre sur mes ressentis lors de la rencontre avec les futurs colocs. J’étais plus que jamais enthousiaste. Je me rappelle des trois personnes que j’ai rencontré par hasard en l’espace de trois jours et qui vivaient à Choisy-le-Roi. Je me rappelle la facilité avec laquelle je suis poussée à quitter mon appartement du 13ème. Tout s’aligne naturellement. Un signe ?


Le grand dépouillement.


D’un 54 m² à un 12m². Sur le mois et demi qu’il me reste, je vends un peu, je donne beaucoup. Je me détache du matériel, ma vie défile au rythme des objets dont je me sépare. Je pleure, je ris, je me libère, je me sens légère. Ce détachement est concomitant avec l’acceptation de ma vulnérabilité. Je me recentre sur l’essentiel. Avec les colocs, on parle pendant des heures sur le groupe WhatsApp. On rigole, on se confie, on met nos émotions à nu. C’est comme si on se connaissait depuis toujours. Je rencontre deux colocs avant l’emménagement. Je n’ai plus aucune inquiétude. Je trépigne comme une enfant.


Le grand quotidien.


Passer d’un seul coup d’un environnement toxique à un environnement bienveillant, c’est un peu comme un choc. Il faut apprendre à désapprendre. Faire tomber le bouclier. Mettre ses mécanismes de défense de côté. Donner c’est facile, il faut aussi recevoir.


Un petit déjeuner dans la cuisine avec Pierre sur un fond de chansons Gospel, un brainstorming général pour l’écriture d’un article qui finit en fou rire, une soirée « film de noël » en plein mois de mai qui se termine par une analyse poussée sur le choix de certaines scènes, une plante qui meurt et qui est réanimée avec plein d’amour, prévoir de faire simplement du shopping dans un grand magasin de sport et finir finalement par prodiguer les premiers secours en attendant les pompiers, à une personne blessée sur une 4 voies, sous un déluge de pluie. Tout devient une aventure. Les choses les plus anodines deviennent un prétexte à découvrir davantage la beauté des uns des autres.


Mes peurs ? Balayées. Mon besoin de solitude ? Pour l’instant, j’ai tout le temps envie d’être avec eux. Quand j’arrive dans la cuisine et qu’il n’y a personne, c’est même l’angoisse. Perdre mon énergie ? Ils m’en donnent tellement. Personnes toxiques ? Aucune. Processus de cooptation au point. Et je réalise au final, que ma nuit d’angoisses était en fait liée à ma peur de ne pas être aimée telle que je suis.


L’infini bonheur.


Raconter presque 10 fois d’affilée ses histoires « parce que tout le monde n’était pas là », arriver dans la cuisine et trouver du monde en plein fou rire, bouder parce qu’on est pas le centre de l’attention, se bousculer pour accéder aux couverts, faire plusieurs fois déborder la casserole sur les plaques à induction neuves parce qu’on est absorbé par la vie incroyable de ses colocs, pleurer toutes les larmes de son corps et voir débarquer 5 personnes dans sa chambre avec un p’tit thé vert et une coupelle de bananes séchées, tirer ensemble à pile ou face pour prendre une décision, essayer de rentrer à cinq sur une même photo…


…et l’envie que ça ne s’arrête jamais… et se dire que rien n’est grave… et se dire que la vie est une aventure…


On nous a dit : « la lune de miel dure 2 mois ». Et si… Et si les liens qu’on a créés avant même d’emménager duraient. Et si on commençait à penser comme on le souhaite pour créer notre réalité à nous. Et si… « la lune de miel » était tout le temps.


Les questions de Lilian qui remettent tout en question, le cœur immense de Jason, la gentillesse sans limite de Louise, les vérités bienveillantes de Karen, la petite moue de Morgane, l’humour bien placée de Rémi, l’analyse silencieuse d’Arshe, l’intelligence émotionnelle de Pierre, la force et la sensibilité d’Audrey, la fougue détachée de Fabien, la sagesse qui arrive à pic de Caroline…


Non, vraiment, quelle que soit la suite, je ne regretterai jamais cette décision…

Je crois sincèrement que la vie seule n’a plus aucun sens, surtout dans le contexte actuel où l’on doit plus que jamais s’unir. Le co-living est un nouveau mode de vie qui correspond au besoin d’échanger, de s’apporter mutuellement les uns les autres. Commercial, financier, assureur, hôtesse d’accueil, hypnothérapeute, photographe, journaliste… des parcours différents, mais les mêmes valeurs.


On obtient pas toujours exactement ce que l’on recherche, mais c’est parce que la vie nous prépare mille fois mieux.


To be continued…


Pour plus d'infos : La Casa co-living





59 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout